Fumées de soudage : ce qu'elles contiennent et pourquoi les capter
La fumée de soudage n'est pas de la « vapeur de métal » inoffensive. Ses particules sont assez fines pour atteindre le fond des poumons.
Mis à jour le 8 octobre 2026 · sources vérifiées le 8 octobre 2026


Les fumées de soudage sont un mélange de gaz et de particules presque toutes inférieures au micromètre, capables d'atteindre les alvéoles pulmonaires. Le CIRC les classe cancérogènes pour l'homme (groupe 1) depuis 2017 : elles causent le cancer du poumon. Selon l'INRS, 95 % de leurs constituants viennent du métal d'apport. La prévention repose d'abord sur le captage à la source.
Ce que contiennent les fumées
L'INRS explique que tous les procédés de soudage émettent des fumées, formées de gaz et de poussières dont les dimensions sont presque toutes inférieures au micromètre. Elles peuvent donc atteindre la région alvéolaire des poumons.
Leur composition dépend du procédé, du diamètre et de la composition du fil ou de l'électrode, du gaz de protection et de ce qui recouvre la pièce (zinc, plomb, cadmium, peinture, graisse, solvant). D'après l'INRS, 95 % des constituants viennent des produits d'apport et moins de 5 % du métal de base.
Parmi les polluants, l'INRS cite :
| Effet | Polluants cités par l'INRS |
|---|---|
| Potentiel cancérogène | chrome VI, nickel, aldéhyde formique, cobalt, béryllium |
| Fibrose pulmonaire | cobalt, béryllium |
| Irritants, toxiques ou allergisants | aluminium, baryum, chrome, cuivre, fluorures, manganèse, nickel, plomb, zinc… |
| Surcharge pulmonaire | aluminium, silice amorphe, titane, fer, étain |
| Gaz toxiques | monoxyde de carbone, monoxyde d'azote, cyanure d'hydrogène |
| Gaz irritants | ozone, dioxyde d'azote, aldéhyde formique, phosgène |
L'ozone se forme sous l'action des ultraviolets de l'arc, en particulier lors du soudage sous gaz de matériaux très réfléchissants comme l'aluminium (ED 6132). Le chrome VI et le nickel concernent surtout l'inox ; le zinc, l'acier galvanisé (voir souder l'acier galvanisé).
Les maladies associées
L'INRS associe aux fumées des pathologies aiguës et chroniques :
| Pathologie | Polluants en cause |
|---|---|
| Œdème pulmonaire | ozone, oxydes d'azote, phosgène |
| Fièvre des métaux | oxydes de zinc et de cuivre, oxyde de magnésium |
| Asthme | colophane, diisocyanate de toluylène, formaldéhyde |
| Bronchite chronique | oxydes d'azote, ozone, oxydes de chrome, de nickel, de manganèse, de cadmium |
| Atteinte du système nerveux central | oxyde d'aluminium, oxydes de manganèse |
| Atteinte rénale | oxyde de cadmium, oxyde de plomb, dioxyde de thorium |
| Cancer broncho-pulmonaire | oxydes de nickel, composés du chrome, oxyde de cadmium, oxyde de béryllium |
La fièvre des métaux, la plus connue des bricoleurs, est décrite par l'INRS (ED 6132) : fièvre élevée, frissons, douleurs musculaires, toux et oppression thoracique dans les heures qui suivent l'exposition, avec une évolution favorable en 24 à 48 heures, et une récidive possible à chaque nouvelle exposition. Ces symptômes justifient un avis médical : appelez votre médecin, ou le 15 en cas de gêne respiratoire.
Le thorium mérite une mention : l'INRS rappelle que l'affûtage des électrodes de tungstène thoriées (TIG) génère des particules de dioxyde de thorium, un métal radioactif. D'autres électrodes existent : voir électrode tungstène.
Un cancérogène avéré depuis 2017
En 2017, un groupe de travail du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, en anglais IARC) a réévalué le soudage. Sa conclusion, publiée dans la monographie 118 et résumée dans The Lancet Oncology (Guha et al., 2017) :
- les fumées de soudage sont cancérogènes pour l'homme (groupe 1) : elles causent le cancer du poumon, et une association positive est observée avec le cancer du rein ;
- le rayonnement ultraviolet du soudage est lui aussi cancérogène pour l'homme (groupe 1) : il cause le mélanome oculaire.
L'INRS précise que les fumées étaient classées depuis 1990 dans le groupe 2B (« peut-être cancérogène »), qu'elles ne sont pas classées par l'Union européenne, mais que plusieurs de leurs constituants le sont (chrome VI, nickel, béryllium). L'Anses a proposé en 2022 d'inscrire les travaux exposant aux fumées de soudage sur la liste des procédés cancérogènes.
Les valeurs limites
L'INRS fait le point :
- la valeur limite de 5 mg/m³ sur 8 heures pour l'ensemble des particules des fumées de soudage date d'une circulaire de 1987 ; elle n'est pas réglementaire et l'INRS la juge obsolète ;
- les ateliers de soudage sont des locaux à pollution spécifique : s'appliquent les concentrations moyennes en poussières sur 8 heures du décret 2021-1763, soit, depuis le 1er juillet 2023, 4 mg/m³ pour les poussières totales et 0,9 mg/m³ pour les poussières alvéolaires ;
- les métaux contenus dans les fumées ont leurs propres valeurs limites, comme les composés du chrome VI.
L'INRS note que l'empoussièrement d'un atelier peut atteindre plusieurs dizaines de mg/m³. Ces valeurs concernent les salariés, mais elles donnent l'ordre de grandeur du problème dans un garage fermé.
Réduire l'exposition
L'INRS donne l'ordre des mesures :
- Choisir un procédé moins émissif quand c'est possible : poste à gestion électronique de l'arc, diamètre d'électrode adapté, fil plein plutôt que fil fourré, arc plus court, gaz moins riche en CO2.
- Capter les fumées à la source : torche aspirante, bras articulé, table aspirante. Voir aspiration des fumées.
- Ventiler en complément, et rejeter l'air à l'extérieur : le recyclage est à proscrire, même après filtration.
- Porter un appareil de protection respiratoire quand le captage est impossible ou insuffisant : filtre antiaérosols de classe P3, éventuellement combiné à un filtre antigaz.
- Nettoyer les pièces avant de souder : peinture, graisse, solvant et zinc ajoutent leurs propres fumées.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la « maladie du soudeur » ?
Ce n'est pas un terme médical précis. On l'emploie souvent pour la fièvre des métaux, que l'INRS décrit après inhalation d'oxydes de zinc ou de cuivre, mais les fumées peuvent aussi causer bronchite chronique, asthme, atteintes des reins ou du système nerveux et cancer du poumon. En cas de symptôme, consultez un médecin.
Le TIG fait-il moins de fumées ?
Il émet moins de particules, mais l'INRS signale que l'ozone est justement plus concentré avec les procédés peu émissifs, notamment sous gaz sur aluminium. Captez aussi les fumées en TIG.
Ouvrir la porte du garage suffit-il ?
Cela dilue, mais ne capte pas. L'INRS demande de capter les fumées au plus près de la source et de ne compter sur la ventilation générale qu'en complément.
Sources
- INRS — Fumées de soudage, ce qu'il faut retenir — vérifiée le 8 octobre 2026
- INRS — Les fumées de soudage et des techniques connexes (ED 6132) — vérifiée le 8 octobre 2026
- CIRC (IARC) — Monographie 118, Welding, molybdenum trioxide and indium tin oxide (évaluation, section 6) — vérifiée le 8 octobre 2026
- Guha N. et al. — Carcinogenicity of welding, molybdenum trioxide, and indium tin oxide, The Lancet Oncology 2017;18(5):581-582 — vérifiée le 8 octobre 2026

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